Mechwarrior 5 : Mercenaries est un jeu d’action développé par Piranha Games et édité par Sold Out Digital. Il est disponible sur PC et Xbox, vous le trouverez également dans le game pass.

Janvier Année 3015, Journal de bord du Capitaine :

C’est un début d’année difficile pour notre équipe de mercenaires, une attaque surprise nous a privé de notre meilleur atout et nous voilà maintenant en équipe réduite dans ce vaisseau, incapable de passer en distorsion seul. Mon mécha, un Centurion CN9-A, ayant subi de lourds dégâts, un bras complètement détruit et la quasi-totalité de mon armement HS, il me faudra patienter 11 jours avant qu’il soit intégralement réparé, sauf si j’utilise ce mécha de la gamme Javelin JVN-10F. Quoiqu’il en soit, impossible de rester ici trop longtemps. Après la claque qu’on vient de se prendre c’est notre réputation qui repart à zéro. Il va être difficile de négocier nos futurs contrats dans ces conditions. Je ne sais pas comment mais Ryana nous a trouvé un super deal qui va nous permettre de rejoindre un vaisseau plus grand pour passer en distorsion, c’est mal payé mais on fera avec. Notre employeur ne patientera pas 11 jours et mon impatience à en découdre non plus.

 

J’ai dû reprendre mes marques sur le terrain avec le Javelin JVN-10F, le tableau de bord étant très différent de mon précédent mécha mais les fonctionnalités sont les mêmes. Je me souviens que lors de ma formation, j’ai eu un peu de mal à appréhender l’inertie de ces derniers, la puissance transmise aux différents moteurs met un certain temps avant de passer de 0% à 100% et vice-versa. Si pour un être humain l’information met en moyenne 1 seconde pour passer du cerveau aux muscles, pour les méchas il faut ajouter le temps de réaction de chaque partie et mouvoir plusieurs tonnes de tôles n’est fatalement pas instantané. Ce qui rebute la plupart des bleus à la formation c’est aussi la maniabilité. Cela ne se conduit pas comme une voiture, mais s’approche plus du tank, si on considère les jambes comme les chenilles et toute la partie haute comme le canon, il est possible du coup d’avancer dans une direction alors qu’on vise dans une autre. Il y avait eu tellement d’accident à ce sujet que tous les constructeurs ont ajouté deux fonctionnalités. Il est donc possible soit de remettre la direction du Mécha dans l’axe de visée soit à l’inverse de remettre la visée dans l’orientation de la marche. A mon avis, ils auraient dû ajouter la possibilité de verrouiller l’ensemble, cela aurait permis à plus de gens de devenir pilote. Mais c’est bien connu, être pilote des Mecha c’est un truc de niche. Je m’égare un peu, la mission avait été tellement facile que je ne savais pas quoi inscrire dans ce carnet et ce n’est pas les quelques tanks que j’ai littéralement écrasé sous mes pieds qui pourraient dire le contraire. Mais nous voilà paré à partir en distorsion, plus qu’à choisir notre destination et nos prochains contrats.

 

Entre temps, il me faut gérer la maintenance de mon Javelin JVN-10F. Même si pour le moment les finances se portent bien, il faut que je prête attention à tout ça. Les réparations ou l’achat de pièces en zone de guerre sont plus chers mais les contrats y sont monnaie courante et je ne dois pas oublier de payer le solde de mes opérateurs. Je peux encore me permettre de faire quelques missions sous payées afin d’accroître notre réputation et nous faire quelques amis. Quitte à prendre le risque de perdre plus d’argent que d’en gagner dans le même but. Heureusement, la gestion de mes troupes et de mes finances ne m’a jamais trop posé de problème, mais je sais que d’autres auraient probablement préféré laisser cet aspect de côté. Heureusement pour ces derniers, ils peuvent rejoindre un équipage en ligne avec ces idées et laisser leur commandant gérer ou même lancer une action instantanée dans un simulateur. Je reconnais que pour quelqu’un de non averti le rôle à endosser représente un gros investissement, les informations sont légion, souvent écrites en petit et il est parfois difficile d’appréhender chaque élément. D’autant plus que le menu du vaisseau donne un effet un peu austère. Mais c’est la guerre, les conflits sont présents depuis si longtemps que les fabricants ont arrêté de développer des interfaces « user friendly ». Il faut des machines efficaces et qui sortent vite pour palier à la concurrence. Les actualités sont souvent pleines de ce genre d’information, entre développement de nouveaux armements, de nouveaux Mecha et de détails sur le conflit.

 

Avril Année 3016, Journal de bord du Capitaine :

Plus d’un an s’est écoulé depuis ma dernière entrée sur ce journal de bord, c’est passé tellement vite ! Les missions se suivent et même si l’environnement change tout le temps, les objectifs, eux, se ressemblent. Même s’il y a grossièrement 6 types de missions cela se résume par soit attaquer une cible puis partir soit défendre une zone. Même si je ne trouve pas encore l’ennui dans ce conflit, d’autres à ma place seraient las et pourraient abandonner. Seul les vaillants, les criminels ou les fous continueraient le combat, je ne pourrai même pas dire à quelle catégorie j’appartiens. J’ai vu tellement de bâtiments s’écrouler sous mes tirs que les quelques pilotes que j’envoie ad patres me semblent insignifiants aux vues des probables victimes collatérales. Je ne sais pas dire si je prends plaisir à ce massacre ou si je ne gère finalement qu’une entreprise, cherchant le profit avant toute considération humaine. Est-ce que je cherche la gloire en tant que pilote alors que ma renommée ne cesse de croître ou bien une façon de mourir en héro à bord de mon Mecha léger Locust LCT-3V contre des engins de 4 fois ma taille et de 10 fois ma puissance. Mais je n’ai pas le droit de laisser mes ressentis paraitre, j’ai maintenant des hommes à gérer et un parc de Mecha plus important. Je ne prends même plus la peine d’attendre la fin des réparations entre deux missions. Il me faut rester concentrer car la difficulté de ces dernières ne fait également qu’accroître. Jusqu’où vais-je encore pouvoir aller ?

 

Mechwarrior 5 : Mercenaries est un jeu d’action, avec des éléments de jeu de gestion, qui vous propose de rejoindre un groupe de mercenaires dans un univers en conflit dans les années 3015. Les territoires à votre arrivée sont partagés entre 5 grandes factions et une sixième viendra s’ajouter une vingtaine d’années plus tard. Il y a trois modes de jeu pour appréhender cet univers riche en détails, pour ceux qui voudront approfondir le Lore de ce dernier.

Le mode Campagne vous permet de suivre l’histoire principale, le mode carrière vous permet de devenir un mercenaire accompli en vous donnant la possibilité de démarrer votre partie dans l’un des 6 territoires de faction et le mode Action instantanée vous permettra de prendre un Mecha de votre choix et une équipe afin de partir au combat. Ces deux derniers modes sont jouables en Coop jusqu’à 4 joueurs. Je n’ai rien contre les jeux uniquement Coop mais je sais que pour certains il manquerait un mode PVP, même si pour cela rien ne vous empêche de lancer une action instantanée de niveau 1 et de vous battre les uns contre les autres.

Le jeu est graphiquement propre, même si pas exceptionnel. Les menus en revanche sont un peu difficiles à appréhender. Beaucoup d’éléments sont écrit petit, il y a des informations de partout ce qui peut réellement faire peur car il y a également beaucoup de choses à gérer.

Le Gameplay également pourra en rebuter plus d’un. On s’approche ici d’une simulation de conduite de Mecha, c’est donc plutôt lent, avec une inertie importante même si avec ces 58 gammes de Mecha et ses 271 modèles différents il est possible de trouver celui qui vous convient le mieux. Chaque cockpit étant différent d’une gamme à une autre. Ce détail et bien d’autres devraient, si vous arrivez à vous investir assez, vous donner une sensation d’immersion assez satisfaisante. 

Ce côté lent et la fragilité de vos Mecha pourraient donner l’impression que le jeu est plus stratégique que prévu, mais malheureusement cela va surtout se limiter à l’utilisation de l’environnement à votre avantage et à privilégier les attaques en groupe avec votre équipe.

L’IA est parfois bloquée dans certains biomes, souvent quand une crevasse traverse une grande partie de la carte et sur des missions de défense. Il faut alors courir de l’autre côté pour aller détruire un Tank coincé dans le décor ou retourné sur lui-même. En termes de bugs j’ai même réussi à bloquer ma campagne en utilisant une distorsion avant même d’avoir pu débloquer l’option au tout début. 

 

Coté personnalisation des Mecha, l’optimisation peut-être vraiment intéressante, car il est possible de gérer les niveaux d’armure de chaque partie, les munitions, les armes et les bonus. Il est également possible de personnaliser les couleurs de votre Mecha. J’aurais aimé d’ailleurs pouvoir poser moi-même des décorations, appliquer des calques ou ce genre de chose car cela est limité à des éléments préexistants avec uniquement 3 couleurs changeables. Il est possible également de configurer les armes et les touches liées à ces derniers, on peut même faire du séquentiel même si cela est limité à l’un après l’autre. J’aurais aimé que cet aspect soit plus poussé, afin de sélectionner l’ordre de tir.

Vos personnages peuvent monter de niveau en fonction des armes et des Mecha qu’ils utilisent ce qui ajoute un petit côté RPG bienvenu.

Coté ambiance sonore, la musique est relativement pauvre et oubliable mais les bruitages des machines et des armes sont eux plutôt satisfaisants. On reste dans l’esprit simulation.

 

Pour conclure Mechwarrior 5 : Mercenaries avec son DLC Heroes of the Inner Sphere est un jeu qui devrait ravir les fans de combats de robots. Même si cela semble clairement être un jeu de niche, cela pourrait également plaire aux férus de simulation ou aux joueurs de jeux de gestion en manque d’action. Une chose est sûre c’est que moi je me suis réellement prêté au jeu et quand je lance ce dernier, j’intègre pleinement le rôle, je deviens un mercenaire, pilote de Mecha. Si bien que je rêverai de pouvoir me faire un cockpit avec des vérins pneumatiques afin de jouer à ce dernier et d’être encore plus happé par cet univers.